Méthodes
méthodes statistiques
Il sera fait une large utilisation du pourcentage pour exprimer les fréquences et prévalences. C’est une convention largement répandue qui ne permet cependant pas une comparaison statistiquement valable de deux valeurs de prévalence. Seules les comparaisons utilisant un test statistique ont une valeur scientifique (voir ci-dessous), il faudra toujours s’y référer pour comparer deux prévalences. Le pourcentage perd en particulier tout son sens quand il s’agit de valeurs très faibles. Nous avons choisi la valeur de 30 comme limite inférieure (correspondant à la valeur limite de l’effectif pour un test au khi²). En deçà de cette valeur, le pourcentage ne sera indiqué (en italique) que s’il est nécessaire pour comparer les valeurs d’un test statistique significatif. Dans le cas contraire, le pourcentage ne sera pas indiqué.
Les différents tests statistiques ont été choisis selon les recommandations des statisticiens pour les travaux médicaux et biologiques (Legras 1998).
Pour les variables discontinues, le test statistique du khi² a été largement utilisé. Le seuil de significativité a été posé à p=0,05. Les très fortes significativités (p<0,001) ont été signalées. Rappelons brièvement que ce test permet de comparer deux distributions dans deux échantillons différents, et donc de tester l’indépendance de deux variables. Le résultat (p) évalue la probabilité que les deux distributions soient ou non différentes. Remarquons qu’au seuil choisi (p=0,05) la probabilité d’erreur consentie par le test est de 5%, soit un test sur 20. Plus la valeur de p diminue, et plus la chance que les distributions soient différentes augmente (différence significative). Pour que le test du khi² puisse être utilisé, il faut que ses conditions de validité soient remplies : effectif total supérieur ou égal à 30, tous les effectifs théoriques supérieurs ou égaux à 5.
En cas d’effectif total inférieur à 100, le test exact de Fisher a été préféré en raison de sa meilleure fiabilité sur des échantillons réduits. Le résultat du calcul (p bilatéral) est utilisé avec un seuil de significativité identique à celui du khi² (p=0,05).
Dans certains cas, les calculs statistiques n’ont pu être réalisés. Il s’agit d'échantillons pour lesquels ne peuvent être calculés ni le test exact de Fisher (quand N>100), ni le khi² (quand un des effectifs théoriques est inférieur à 5). C'est souvent le cas d’un signe rare dans un échantillon vaste.
Dans le cas de variables continues (mesures ou indices), Le test t de Student-Fisher a été utilisé. Le seuil de significativité est là aussi défini à p=0,05. Dans le cas de test sur des échantillons réduits (N<60), l’égalité des variances a été calculée par le test F. En cas d’échantillon de taille importante (N≥60) le test de Student peut s’appliquer sans qu’il soit nécessaire de tester l’égalité des variances.
Dans quelques cas, pour comparer deux séries de données parallèles, le coefficient de corrélation linéaire a été utilisé.
Le taux de variabilité intra-observateur a été calculé à partir d’une série d’ossements cotés à plusieurs mois d’intervalle. Le taux utilise la formule simple, largement utilisé dans les études anthropologiques (Saunders 1978 ; Molto 1979) :
Tous les calculs et valeurs des tests statistiques ont été calculés sous tableur informatique (OpenOffice®), à partir de feuilles de calculs programmées par nous-même.
Lecture des tableaux
Quelques légendes seront communes tout au long du mémoire :
N : effectif de l’échantillon pris en compte
+ : présence du signe recherché
NS : différences statistiquement non significatives (p≥0,05)
S : différence statistiquement significative (p<0,05)
TS : différence hautement significative (p<0,001)
* : calculs non effectués (variables de calculs hors du champ d’application des tests de Fisher et khi²)
Comparaisons avec d’autres études
Nous avons essayé de comparer les différentes valeurs retrouvées à Notre-Dame-du-Bourg avec celles d’autres échantillons publiés. Nous n’avons effectué des comparaisons qu’avec des études utilisant un protocole de recueil de données proche du nôtre. Pour certains signes, plusieurs modes de calcul de prévalences sont possibles (bilatéralité, sélection des échantillons, définitions différentes). Dans ces cas, nous proposerons plusieurs tableaux comparatifs.
Les comparaisons les plus intéressantes seront faites avec les populations les plus proches de celles de Notre-Dame-du-Bourg. Une place particulière sera réservée aux échantillons provençaux de St-Victor de Marseille et La Gayole étudiés par Bertrand Mafart (1980 ; 1984). D’une part par leur proximité géographique et historique avec Notre-Dame-du-Bourg, d’autre part par des protocoles d’études souvent très proches (en particulier pour les caractères discrets, ces études ayant servi de base à la nôtre). Ceci devrait limiter les variabilités d’observation. Les autres échantillons seront présentés dans un ordre géographique et chronologique constant :
Populations d’origine européenne (avec les leucodermes d’Amérique du Nord)
Populations du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord
Populations d’Afrique sub-Saharienne
Populations Afro-américaines (esclaves ou leurs descendants, non confondus avec les précédents).
Populations asiatiques
Populations de chasseurs-cueilleurs arctiques (Sibérie, Alaska, Nord-Canada et Groenland)
Populations amérindiennes
Populations océaniennes, australiennes et mélanésiennes
Populations diverses